Parcs à fabriques réduits à un seul monument

grotte de la Folie Saint-James en contours

 

La Folie
Saint-James

" A beau dard noble but " (1)


histoire
vues
visites


plan d'époque
  

haut de la page page précédenteretour accueil plan du site  

signale les
liens externes

 


Auteur, <Dominique Césari>, droits réservés.
Page créée le 5 mars 2000, mise à jour le 23 août 2009


Notes

  1. " A beau dard noble but " est la devise des Sainte-James
  2. retour au (1)haut de la page

  3. Le patronyme de Claude Baudard de Sainte-James comprend bien un "e" à Sainte. Il a été déformé en Saint-James pour la folie.

    Le père de Claude était Georges Baudard de Sainte-Gemmes, qui avait pris ce nom des terres de Sainte-Gemmes sur les bords de Loire qu'il avait acquises (confirmation de baron de Sainte-Gemmes en 1755, transformé en Sainte-James pour son fils Claude). Il s'appelait auparavant Georges Baudard de Vaudésir, du nom d'un lieu-dit où la famille avait fait bâtir un château. Le père, Georges Baudard, avait déjà acquis en 1753 la charge de Trésorier général des Colonies. C'est dire que le fils, Claude Baudard, ne s'était pas fait seul. Il avait repris la charge et la fortune de son père, lui même issu d'un milieu plus qu'aisé. Mais le fils augmenta considérablement la fortune dont il avait hérité en accédant en 1771 à la charge de Trésorier général de la Marine, une des plus rémunératrices de France, ainsi que par des opérations de commerce maritime et des investissements industriels, en particulier dans les mines. Il ne négligea pas les investissements aux Antilles : son nom se retrouve dans le rhum Saint-James !

    On ne peut retraduire en quelques notes l'ensemble des détails; la charge de Trésorier général de la marine fut jointe à celle de Trésorier général des Colonies, puis disjointe. Claude Baudard se trouva donc à un moment Trésorier général de la Marine et des Colonies.

    Une fois encore on constate l'inexactitude de notices superficielles reproduites l'une sur l'autre. En revanche, dans son Recueil d'architecture civile, Krafft écrivait bien Sainte-James. D. Ozanam également (voir la note 6 ci-dessous).

  4. retour au (2)haut de la page

  5. Baudard de Sainte-James était au sommet de la fortune ... mais cela ne lui suffisait pas pour être reconnu. Il fallait qu'il fît quelque chose d'extraordinaire. Ce fut la Folie.

    Si Baudard enviait la haute noblesse, l'inverse est vrai : le comte d'Artois enrageait de ne pas avoir plus de moyens. Baudard était d'ailleurs son créancier. Le comte d'Artois était très dépensier et ne trouvait pas son frère le Roi suffisamment généreux (il disait : « Il n'est pas roi de France et de Navarre mais roi de France et avare »). Aussi d'Artois se plaignait de son impécuniosité (toute relative) auprès de Louis XVI : « Sire, il faudrait que vous me fassiez Trésorier de votre Marine, pour que je puisse rivaliser avec mon voisin » ou « je voudrais bien faire passer chez moi un petit bras du ruisseau d'or qui sort du rocher de mon voisin ». Cette jalousie ne contribua pas peu à faire enfoncer Baudard (qui aurait pu sortir plus dignement de sa faillite) quand l'occasion s'en présenta. D'après les carnets de Thomas Blaikie (op. cit.), le comte d'Artois aurait dit à Bélanger, déjà chargé de la Folie Saint-James : « Ruinez-le ! » en parlant de Claude Baudard.
  6. retour au (3)haut de la page

  7. C'est la que vient l'instruction fameuse qu'aurait donnée Baudard de Sainte-James à Bélanger : « de faire ce qu'il voulait pourvu que ce fut cher ». Le trait a été rapporté dans les "Mémoires secrets" de Bachaumont, il est repris d'ouvrage en ouvrage. Sa parfaite authenticité n'est pas acquise, Bélanger étant suspect de quelque rancoeur vis à vis de ses commanditaires (Baudard comme le Comte d'Artois ou Laborde de Méréville). L'instruction aurait été de « dépenser sans compter ».

    De même le prince de Ligne écrivit de la Folie Saint-James que « l'endroit serait fort beau s'il ne l'était pas tant ». Phrase assassine, inspirée par la rivalité refoulée en mépris de la haute noblesse vis à vis de la nouvelle classe des financiers. En poursuivant son jugement, le prince reconnaît toutefois la qualité des lieux.

    Krafft, architecte besogneux, est particulièrement conscient du rôle qu'a joué la munificence de Claude Baudard pour aboutir à la naissance d'un chef d'oeuvre. Krafft admire Bélanger, mais en conclusion de sa présentation de la folie, il établit les mérites : "si les Bélanger sont rares, les Baudard de Sainte-James le sont plus encore".
  8. retour au (4)haut de la page

  9. L'arrière de la grotte servait de salle de bains .. mais pas seulement. Garnie d'automates et munie de divans, c'était aussi un endroit où le maître des lieux pouvait goûter aux pâmoisons des visiteuses. De la même façon, l'examen attentif de la coupe de la colonne détruite du Désert de Retz montre un boudoir dont la disposition permet plus qu'un honnête repos. Le Comte d'Artois, en jeune libertin, avait fait aménager Bagatelle pour ses soupers : un jeu de miroirs et un décor de peintures murales licencieuses, qu'il fit recouvrir de compositions anodines à son retour d'exil. Et le pavillon "Confidence" de Drottningholm, permettant aux convives royaux de souper hors la vue des serviteurs, autorisait les mêmes fins. Ce siècle savait vivre dans le plaisir !
  10. retour au (5)haut de la page

  11. Les auteurs disent généralement " des affaires troubles ". Dans son étude, M. Philippe Baudard de Fontaine a réuni les éléments historiques montrant que la faillite de Claude Baudard résulte de la concomitance de déficits étrangers à sa volonté venant de deux horizons, et d'un cadre général d'opération ne distinguant pas sa fortune personnelle des comptes de la Marine (mais l'exercice même du métier y poussait fortement).
    Les déficits qui asphyxièrent Claude Baudard découlèrent de l'impasse de sa Compagnie Française de Commerce du Nord (destinée, à l'instigation du pouvoir, qui entre temps abandonna cette politique, à concurrencer le commerce hollandais en Baltique), et de dépenses abusives du ministre de la Marine, qu'il avait été contraint de couvrir. En 1780 Baudard avait déjà perdu provisoirement sa charge pour l'émission de billets à terme, expédient prohibé auquel il avait du recourir dans des conditions analogues.

    Il eut donc le tort d'accorder une trop grande confiance aux promesses de responsables politiques et, sur le plan de la technique financière, de se trouver trop peu liquide, pour avoir immobilisé la majeure partie de son patrimoine en biens fonciers.   La liquidation fut conduite par une commission du Conseil, qui le spolia par une réalisation hâtive, à bas prix, de ses actifs fonciers. Nos tribunaux de commerce actuels n'innovent pas dans leurs pratiques. Le déficit, du montant colossal de 20 millions de livres, fut reporté principalement sur le Trésor Royal, mais des particuliers furent ruinés.
    Bien plus tard, ses héritiers firent reconnaître le préjudice subi, mais n'acceptèrent pas un dédomagement de plus de 10 millions ! l'affaire s'enlisa et ils ne reçurent rien.

    Voir : Denise OZANAM : C. Baudard de Sainte-James, Trésorier général de la Marine et brasseur d’affaires (1738-1787), Paris, 1969
  12. retour au (6)haut de la page

  13. Baudard se déclara lui-même en faillite et fut emprisonné à sa demande quelques semaines pour présenter sa situation. Libéré, il mourut subitement chez son fils, à l'âge de 49 ans, sans que les causes de son décès soient clairement établies : épuisement moral ou même suicide ?
  14. retour au (7)haut de la page

  15. Les Choiseul-Praslin achetèrent la folie 262 000 livres. Elle avait coûté au moins 10 millions, peut être 14 ! Il est vrai que les affaires allaient mal.
  16. retour au 8)haut de la page

     

    la Folie à Neuilly

     

    Parc de la folie actuelExtension actuelle

    Parc de la folie sous BaudardExtension maximum du domaine


     

    Cliquer sur le plan pour le voir en 480x900 (80 K)


     
    retour à la descriptionhaut de la page